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     C'est beau la rivière, c'est beau un arbre, c'est beau le printemps. Sauter d'un "c'est beau" à l'autre, comme le jouerait l'enfant sur son chemin de pierres. On voit mais on a perdu les phrases. D'elles, il ne reste que le souffle. On avance pourtant, enfin, on le pense. Dans ces mots creux, le chemin se fait silence. Tout finit par se taire.

     

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    « l'enversla saison heureuse »

  • Commentaires

    1
    Mercredi 20 Avril 2016 à 05:46

    Joli contraste des différents feuillages sur la première.

    2
    Mercredi 20 Avril 2016 à 06:31
    anto

    Salut Françoise

    S'il y a un endroit où nous devons puiser de l'énergie c'est bien au contact de la nature ,qu'il importe de protéger car elle sera notre seul recours ,quand nous aurons épuisé les contemplations infantilisantes que l'on nous propose pour faire passer la pilule

    passe une bonne journée   bise

      • Mercredi 20 Avril 2016 à 09:29

        je me suis plantée avant la nouvelle lune..... wink2

    3
    Mercredi 20 Avril 2016 à 07:23

    Garde toujours cette capacité d'émerveillement...

      • Mercredi 20 Avril 2016 à 09:30

        oui même si parfois je m'y sens ridicule...

    4
    Mercredi 20 Avril 2016 à 08:06

    S'émerveiller toujours ...

    Et garder ici

    Toute la beauté ...

    5
    Mercredi 20 Avril 2016 à 08:34

    merveilleuse nature!! amitiés

    6
    Mercredi 20 Avril 2016 à 08:35

    Oui, bonjour Françoise.

    Le printemps déroule sa folie devant nous. Il est la preuve éternelle que le monde a absorbé son enfance au point d'en faire une part immuable de lui-même. Et nous on s'émerveille. En y réfléchissant, je ne pense pas que ce soit une capacité qui nous serait propre et qu'il faudrait entretenir. Non, c'est plutôt une capacité passive intrinsèque à la terre. C'est la nature qui est "émerveillante", nous on ne peut faire autrement que de se laisser emporter et c'est salvateur. Le printemps est la saison qui  connecte nombre d'entre nous à ses souvenirs les plus anciens. Jeune saison et temps lointains qui se rencontrent dans nos yeux, ce contraste m'a toujours plu.

    Hier j'étais sur la "petite terrasse", une corniche minuscule que j'atteins après 2h de marche depuis chez moi. Un balcon de luxe ouvert dans le flanc de la falaise aux grands oiseaux. Là, je suis resté immobile 4h sous ma toile de camouflage, les pieds dans le vide, les jambes pendantes de part et d'autre d'un tronc de chêne pour me protéger de lui et ne penser qu'à l'océan d'air qui s'ouvrait devant moi. Un grand corbeau est venu arraché des lichens pour son nid dans une branche juste au-dessus de ma tête, des mésanges noires exploraient les bourgeons qui s'ouvraient, les hirondelles de rocher traçaient leurs grands traits de fusain dans l'air pur, j'entendais les jeunes faucons crécerelles gueuler quand leurs parents venaient les nourrir, un épervier a fait un passage furtif. Et puis, quand les ascendances thermiques ont été à leur goût, les vautours ont décollé. Tellement grands qu'ils ne rentraient pas dans l'appareil photo.

    Et moi j'absorbais tout ça de toutes mes forces, immobile et recroquevillé au milieu du printemps, je voulais que tout ça entre en moi et je voulais faire partie de tout ça.

    Et c'est fait, dans une mesure dont les contours restent flous, mais c'est fait. La preuve c'est que j'en ai rêvé cette nuit. De la falaise, des grands oiseaux, de ce qui vit dans l'air invisible.

    Bonne journée Françoise.

      • Mercredi 20 Avril 2016 à 09:55

        Je vous remercie Guillaume. Quel beau cadeau, vous m'offrez ce matin, votre matin !... Vous écrivez si bien que je vous imagine. On me dit de ne pas vous encenser dans votre qualité d'écriture et de vous laisser dans votre simplicité, j'ose presque dire votre pureté... Ne changez pas Guillaume.... bonne journée, je vous souris.

      • Mercredi 20 Avril 2016 à 12:10

        Vous avez bien raison de suivre les conseils qu'on vous glisse à l'oreillette. Cela fait bien longtemps que je me les suis appliqués à moi-même. Parfois on me dit : "Guillaume, vu comment tu écris,  tu devrais..." Ah bon je devrais ? V'là un mot qui m'inquiète... Non, ce qui compte pour moi c'est la pureté de l'élan, c'est tout.

        En fait, ce qui compte pour moi quand j'écris, c'est la précision. J'essaie de nommer le plus précisément possible les choses claires mais aussi les choses obscures. Du dedans et du dehors, ainsi que leurs imbrications.  Si j'échoue, je gomme et recommence. Au final, je multiplie les risques de me faire comprendre par moi-même et /ou les autres !

        Je trouve très important que chaque chose ait un nom. Je crois que c'est un des rares trucs intelligents que je répète à mes élèves. Sans déconner, que pense une fleur que l'on affuble du nom de "fleur", là, comme ça, devant elle, sans rien pour lui faire comprendre qu'elle est unique ? Et puis en plus, un monde où il n'y a que des "fleurs" est un monde trop petit et triste.

        Bref. A la prochaine Françoise.

      • Jeudi 21 Avril 2016 à 06:52

        bonjour Guillaume, moi c'est l'inverse, un jour j'ai décidé de gommer mes " connaissances " et de ne vivre la nature qu'avec mes sens. Je suis animale... Pauvres fleurs frustrées sous mon regard........ wink2

      • Jeudi 21 Avril 2016 à 10:35

        Bonjour Françoise,

        Sensations et mots forment parfois un tout, sans qu'on puisse démêler lesquels engendrent les autres. Cela s'appelle le poème et se trouve dans l'esprit de l'homme, pas dans la nature qui est pure existence, elle.

        Je pense à ce poème d'Octavio Paz , qui en dit long :

        "A l'aube ce qui naît cherche son nom

        La lumière scintille sur les arbres somnolents

        Les montagnes galopent au bord de la mer

        Le soleil entre dans l'eau avec ses éperons

        La pierre attaque et disperse les clartés

        La mer s'obstine et monte au pied de l'horizon

        Terre confuse imminence de sculpture

        Le monde lève son front encore nu

        Pierre polie et lisse où graver un chant

        La lumière ouvre son éventail de noms

        Début d'hymne comme un arbre

        Vent et noms splendides dans le vent."

        Ces vers me donnent l'envie de balades au petit matin. Bonne journée.

         

      • Jeudi 21 Avril 2016 à 17:58

        oui Guillaume, j'ai et j'ai lu " le gardeur de troupeaux "..

         " je ne vis que de vivre "... Comme cette phrase me va bien aussi...Vous savez, mais oui vous savez que rien  ne compte plus pour moi que d'appréhender le monde par mes sens.. Le reste, quelques nécessités...

        Vous lisez mes silences quand la vie " m'imprécise "...

        bonsoir

    7
    Mercredi 20 Avril 2016 à 08:46

    Je retrouve du pointillisme dans les deux ... plus reposant dans la deuxième belle journée

    8
    Mercredi 20 Avril 2016 à 09:14

    Les lignes sont d'un netteté toute naturelle quand on y poense, c'est fou. Belle journée à toi.

      • Mercredi 20 Avril 2016 à 09:48

        j'aime ton " poense ". c'est beau... merci...

    9
    Mercredi 20 Avril 2016 à 09:31
    Claudine/canelle

    La nature nous offre de si beaux partages ..il faut en profiter ..

    Bises Telos

      • Mercredi 20 Avril 2016 à 09:49

        oui....................................

    10
    Mercredi 20 Avril 2016 à 10:48

    les mots s'érodent alors les défroisser et les réexposer comme résurgences ?

    11
    Mercredi 20 Avril 2016 à 13:02

    Le jour où nous aurons pris pleinement conscience que nous sommes aussi la nature, nous ne porterons plus ces jugements de valeur. Mais je crois que c'est un vœu pieux et qu'on va plutôt en sens inverse.

    Si un vieux du village m'entend lui dire que "ce" papillon est beau il me regardera d'un air bizarre et me dira: "c'est un papillon".

    C'est comme ce sage qui répondait invariablement, quand on lui demandait quel temps il faisait: "il fait le temps que j'aime", qu'il vente, pleuve ou neige, parce qu'il estimait qu'il ne peut juger quelque chose qui n'est pas fait pour lui et qu'il ne saura jamais faire.

    Pas très beau par ici aujourd'hui.

     

      • Jeudi 21 Avril 2016 à 07:07

        j'aime beaucoup quand tu me parles de ton village... bise

      • Jeudi 21 Avril 2016 à 10:15

        Bonjour Mbindo16,

        En imaginant le vieux de votre village, j'ai pensé à ces vers de Pessoa :

        "La beauté est le nom de quelque chose qui n'existe pas

        Que je donne aux choses en échange du plaisir qu'elles me donnent.

        Elle ne signifie rien.

        Alors pourquoi est-ce que je dis des choses : elles sont belles ?

        Et oui, même en moi, qui ne vis que de vivre,

        Invisibles, ils s'immiscent, les mensonges des hommes

        Devant les choses,

        Devant les choses qui simplement existent. "

        Françoise, je suppose que vous connaissez "Le gardeur de troupeaux". Souvent ce que vous écrivez et mieux, ce que vous taisez, me fait penser à des passages de ce poème.

         

    12
    Mercredi 20 Avril 2016 à 14:31

    La nature est belle et tu as tellement d'imagination ....
    Bel après-midi printanier. Bises

    13
    Mercredi 20 Avril 2016 à 15:05

    Bonjour, 

    La deuxième photo me fascine. J'aime beaucoup. Tu es une des rares à savoir faire une image de peu. 

      • Jeudi 21 Avril 2016 à 07:11

        j'aime le rien.... je suis en accord avec....

    14
    Mercredi 20 Avril 2016 à 15:05

    ... alors je me tais mon écriture... beau...

    15
    Mercredi 20 Avril 2016 à 17:47

    Ton billet du jour ... c'est beau!

      • Jeudi 21 Avril 2016 à 07:16

        billet ?....le fric c'est pas beau.... sourire

    16
    Mercredi 20 Avril 2016 à 19:22

    C'est beau, c'est beau............mais pour combien de temps encore ? 

    17
    Mercredi 20 Avril 2016 à 21:18

    C'est bien de dire c'est beau , cela veut dire que le ressenti personnel fonctionne !

     

    " le monde ne souffrira jamais du manque de merveilles , mais du manque d'émerveillement . "

    Chesterton

      • Jeudi 21 Avril 2016 à 07:18

        je ne cesserai et quand je ne pourrais plus aller à son devant elle sera en moi..

    18
    Mercredi 20 Avril 2016 à 22:11

    La nature apaisante - comme une réponse universelle...

      • Jeudi 21 Avril 2016 à 07:19

        oui..l'harmonie possible.. mais sans les humains....

    19
    Mercredi 20 Avril 2016 à 23:11

    ..que du beau et nous en faire profiter

    20
    Jeudi 21 Avril 2016 à 08:10

    LOL. Totalement involontaire. Faut vraiment que je me relise...

      • Jeudi 21 Avril 2016 à 08:22

        ah non je trouvais cette synthèse superbe...... poésie et penser...

    21
    Vendredi 29 Avril 2016 à 08:19
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